Laine et microplastiques : le choix d'une fibre vivante
Voici une statistique qui mérite d'être connue beaucoup plus largement qu'elle ne l'est actuellement : une seule brassée de lavage de 5 kilogrammes de tissus synthétiques peut relâcher jusqu'à 6 millions de microfibres de plastique dans les eaux usées. Ces microfibres, trop petites pour être filtrées par la plupart des systèmes de traitement des eaux, finissent leur parcours dans nos rivières, nos lacs et, ultimement, dans les océans.
La laine échappe complètement à ce problème, pour une raison très simple : elle n'est pas faite de plastique. Étant composée de kératine, une protéine naturelle, la laine ne se fragmente pas en particules de plastique lorsqu'elle est lavée. Elle perd bien quelques fibres au fil du temps, comme toutes les matières textiles, mais ces fibres sont biodégradables — elles retournent à la nature plutôt que de s'y accumuler indéfiniment sous forme de pollution persistante.
Ce qui rend cette différence encore plus pertinente, c'est l'ampleur grandissante du problème de pollution par les microplastiques. Des chercheurs ont même retrouvé des micro et nanoplastiques directement dans des tissus humains — y compris dans des plaques artérielles —, avec des résultats préoccupants quant aux risques cardiovasculaires associés. Ce n'est plus seulement une question environnementale abstraite : c'est devenu une question de santé publique bien concrète.
Pour vous, en tant qu'artisane ou artisan qui valorise déjà les fibres naturelles, cette information vient renforcer un argument que vous portez peut-être déjà intuitivement, sans nécessairement avoir les chiffres précis pour l'appuyer.
Chez Makeloo Studio, cet enjeu fait partie intégrante de notre mission : chaque écheveau De par chez nous que nous produisons représente un geste concret loin de la pollution plastique invisible qui s'accumule dans nos cours d'eau, en Lanaudière comme partout ailleurs. Choisir la laine locale, c'est aussi choisir de ne pas contribuer à ce fardeau environnemental silencieux qui touche déjà nos rivières et, ultimement, le fleuve Saint-Laurent.
Source : International Wool Textile Organisation, Wool Notes, Issue 3 (2024).
